Le Baron d'Hancarville

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Rendre accessible une collection de vieillerie grecques à un enfant

William Hamilton était-il diplomate, érudit, gentleman aux manières impeccables, ou trafiquant d’œuvre d’art exportant illégalement des trésors nationaux, et pilleur de tombe ? En tout cas il était visionnaire. Profitant de sa situation d’ambassadeur de l’Empire Britannique à la cour de Naples, il avait pu accumuler une vaste collection de vases antiques, marquant le début de l’archéologie moderne. Tel Elgin achetant les bas-reliefs du Parthénon à l’occupant turc pour les faire transporter en Angleterre, Hamilton a pris de vitesse les autorités locales, à une époque ou on ne concevait pas encore la valeur de ses antiquités classiques.

Il se rapprocha d’un personnage haut en couleur : l’autoproclamé baron d’Hancarville : fils de drapier, il entre dans la carrière militaire avant de tenter sa chance dans les cours d'Europe sous l'habit de l'érudit cosmopolite. Presque toujours en fuite devant ses créanciers, il arrive à Naples après avoir traversé l'Europe. « Doué d'un charme d'homme du monde et d'une grande éloquence, il s'entend toujours à attirer sur lui la faveur des mécènes influents et à les engager dans des projets aussi démesurés que dispendieux : un aventurier doublé d'un joueur passionné qui nourrissait en son temps l'ambition d'être considéré comme un des plus grands antiquaires de son époque »*. C'est lui que Hamilton charge de la publication de sa collection de vase. Le projet devait engloutir des sommes ubuesques et subir des retards considérables ; les planches des derniers volumes furent même saisies par les créanciers d’Hancarville.

Le British Museum fit l’acquisition de la majorité de la collection. Celle-ci amorça la transformation du British Museum, à ses débuts plutôt orienté vers les livres et les manuscrits, en grand musée d’art, tel que nous le connaissons aujourd’hui. L’exposition de ces vases à un large public a permit à ces œuvres d’art classique de jouer leur rôle de fondement, prenant une place de choix dans l’histoire de l’art. Ces illustrations ont joué un rôle majeur dans la création artistique, influençant de multiples artistes jusqu’à ce jour. Elles restent ces « monuments utiles au progrès des arts » dont parlaient d’Hancarville.

Après les planches en couleur d’Hancarville, les salles d’expositions du British Muséum, les tablettes nous permettent d’envisager encore un nouveau support pour propager l’aura classique. L’histoire mythologique est illustrée par des représentations de la poésie épique qui ornent ces vases antiques. L’atout de la tablette est sa capacité à présenter un contenu multimédia. Ceci permet de relever un certain nombre des défis que peut poser la mise en scène d’un récit antique. Par exemple, on peut parler d’une certaine inflation du nombre des personnages : il est parfois difficile de suivre le grand nombre de personnages. Le contenu multimédia de la tablette permet d’identifier les personnages plus facilement : un simple contact avec l’écran permet de révéler le nom du personnage.

Pour un enfant, les salles d’exposition du British Muséum peuvent être un peu impressionnantes. Les objets sont derrière des vitrines et ne peuvent être manipulés. L’app permet de complémenter une visite au musée en permettant à l’enfant de jouer avec les vases. La lecture devient active, plus stimulante et amusante. Les animations de personnages de donner une étincelle de vie supplémentaire à notre histoire.

 

* de « Pierre-François Hugues D'Hancarville » par Madeleine Gisler-Huwiler, et Sebastian Schütze